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11 févr. 2009
Deux claques esthétiques à l'affiche en France en ce début d'année : "L"autre" de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic et "Morse" (Let The Right One In) de Tomas Alfredson. Ces deux superbes films à la frontière du fantastique nous parlent de l'autre : le double imaginaire pour le film de Bernard et Trividic, thème déjà présent dans leur documentaire sur Lovecraft et leur premier long "Dancing", et le vampire pour "Morse", thème abordé ici de manière adulte et originale.
L'autre, c'est le reflet dans le miroir, la personne derrière le mur, derrière une vitre. Que ce soit un autre intérieur ou extérieur, le même danger plane. Les deux films traitent de la porosité. Un monde fait de fluides pour "l'Autre", où l'identité de Dominique Blanc vacille sur ses propres frontières. Une relation entre deux espèces, humaines et vampires pour le film d'Alfredson.
Les deux mises en scène élégantes jouent sur une profondeur de champ très réduite, proche des grains de peau mais mettant aussi en avant le climat (pluie et neige) et l'urbanisme : banlieues et immeubles tristes, en France ou en Suède. Ainsi, le tout début de "l'Autre" est d'une beauté à couper le souffle, allant de l'abstrait au concret, du Monde à la personne en quelques secondes. Pas étonnant pour moi qu'une de leur principale référence soit "Ghost In The Shell" de Mamuro Oshii et particulièrement sa scène de ballade dans la ville. "Morse" quant à lui, arrive à donner une profondeur, une "inquiétante étrangeté" à des scènes très banales : un fils et son père jouant à un jeu de société, une mère et son fils se brossant les dents ou bien, la plus belle scène du film, deux enfants se retrouvant au lit ensemble.
Leux deux faux happy end nous laissent avec une impression étrange de mélancolie, face à un équilibre très fragile, très humain finalement.
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