Olive Martin et Patrick Bernier mettent la dernière touche à la post-production de La Nouvelle Kahnawaké, moyen métrage documentaire, tourné au Canada et qui sera présenté lors d'une exposition à San Francisco, dont le vernissage est demain soir.
Le San Francisco Chronicle Culture, rien que ça, fera sa couverture sur le film la semaine prochaine.
Un vent frais de création artistique souffle sur le Cabinet de Curiosité par le biais du Crabe Fantôme :
"La Robe", court métrage de Denis Rochard, produit par nos soins, est désormais terminé et attend sa belle copie 35.
"La Nouvelle Kahnawaké", webstern documentaire d'Olive Martin et Patrick Bernier, de retour d'un beau tournage au Canada entame la phase de montage. Toujours une production Crabe Fantôme.
"Parages des Voies Mortes", premier long métrage de Jérôme Fihey, rentre en phase de développement grâce au soutien de la société Les Films d'Ici (Serge Lalou et Olivier Daunizeau).
Olive Martin et Patrick Bernier sont au Canada, dans la région de Montréal, en plein tournage de "La Nouvelle Kahnawaké", le webstern documentaire produit par le Crabe Fantôme, resté les pinces au chaud en France...
Grâce au soutien des techniciens et régisseurs canadiens, l'équipe française se sent comme un saumon dans le Saint Laurent pour ce projet filmé en RED et dont le montage devrait être terminé au premier semestre 2010.
C'est non sans une certaine émotion que j'ai découvert le premier montage du court métrage de Denis Rochard et Virginie Frappart que le Crabe Fantôme co-produit avec le Groupe Artistique Alice.
Un vrai beau film : les acteurs, pourtant pour la plupart amateurs, sont convaincants, la mise en scène est inspirée et crée une ambiance étonnante, entre les frères Dardenne, Lynch et Kusturica. Mention spéciale à la scène finale dans le chapiteau. Le montage son n'est pourtant pas encore réalisé.
La narration simple et fluide est néanmoins étonnante, avec beaucoup de ruptures de ton.
Bravo et merci à toute l'équipe !
Première projection du montage définitif en septembre à la Rochelle.
Nos amis de Makiz'art sortent sur galette le film de Marc PICAVEZ et Massaër DIENG "Bul' Déconné !" :
Bul Déconné ! investit l'Afrique contemporaine pour exposer la trajectoire d'un jeune sénégalais, Sogui. Lors de sa présentation au concours de l'Ecole Supérieure de l'Administration, Sogui se heurte avec fracas aux visions du monde de ses examinateurs. Fortement affecté, il ressort combatif et fougueux de cette expérience particulière et franchit ainsi la frontière perméable de l'illégalité, où il rejoint son ami Max et le milieu de la pègre. Mais il retrouve également Samba, son ami d'enfance qui mène la vie simple et fragile d'un vendeur ambulant...
Le film dure 1h15 et est vendu pour la modique somme de 13 euros. Vous trépignez d'impatience, vous le voulez ce dvd ? Alors c'est très simple, contactez Makiz'art pour connaître les points de vente : 11, rue des Olivettes 44000 Nantes / Tél. : 02.40.74.90.78 / infos@makiz-art.fr
"Pour sa 20ème édition, le FIDMarseille lance sa
plateforme professionnelle de soutien à la production. Le festival se propose
d'accompagner la production d'œuvres sensibles et singulières. Profiter du
festival, moment intense de rencontres et d'affinités artistiques, pour
multiplier les rencontres et les coproductions possibles.
- 13 projets sélectionnés sur
plus de 260 projets inscrits,
- Présentation publique des projets, tables rondes
professionnelles,
- Rencontres individuelles avec les porteurs de projets."
Début Juin, à la Rochelle, se tiendra le tournage du premier court métrage officiellement produit par le Crabe Fantôme. Il s'agit de "la Robe", projet de Virginie Frappart et Denis Rochard, réalisé par Denis. Soutenu par l'Astrolabe, la Région Poitou Charentes et le Département de la Charente-Maritime est un conte urbain qui devrait être projeté pour la première fois à la rentrée.
Tsai Ming Liang, qui avait accueilli Jérôme Fihey sur le tournage de son court métrage "Le Pont N'est Plus Là" à Taïwan alors que Jérôme était étudiant au Fresnoy sera en compétition officiel du festival international présidé cette année par Isabelle Hupert, avec un long métrage tourné au Louvre et intitulé "Faces" (Visages). Quelques images du tournage par Arte :
Deux claques esthétiques à l'affiche en France en ce début d'année : "L"autre" de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic et "Morse" (Let The Right One In) de Tomas Alfredson. Ces deux superbes films à la frontière du fantastique nous parlent de l'autre : le double imaginaire pour le film de Bernard et Trividic, thème déjà présent dans leur documentaire sur Lovecraft et leur premier long "Dancing", et le vampire pour "Morse", thème abordé ici de manière adulte et originale.
L'autre, c'est le reflet dans le miroir, la personne derrière le mur, derrière une vitre. Que ce soit un autre intérieur ou extérieur, le même danger plane. Les deux films traitent de la porosité. Un monde fait de fluides pour "l'Autre", où l'identité de Dominique Blanc vacille sur ses propres frontières. Une relation entre deux espèces, humaines et vampires pour le film d'Alfredson.
Les deux mises en scène élégantes jouent sur une profondeur de champ très réduite, proche des grains de peau mais mettant aussi en avant le climat (pluie et neige) et l'urbanisme : banlieues et immeubles tristes, en France ou en Suède. Ainsi, le tout début de "l'Autre" est d'une beauté à couper le souffle, allant de l'abstrait au concret, du Monde à la personne en quelques secondes. Pas étonnant pour moi qu'une de leur principale référence soit "Ghost In The Shell" de Mamuro Oshii et particulièrement sa scène de ballade dans la ville. "Morse" quant à lui, arrive à donner une profondeur, une "inquiétante étrangeté" à des scènes très banales : un fils et son père jouant à un jeu de société, une mère et son fils se brossant les dents ou bien, la plus belle scène du film, deux enfants se retrouvant au lit ensemble.
Leux deux faux happy end nous laissent avec une impression étrange de mélancolie, face à un équilibre très fragile, très humain finalement.
Des nouvelles des précédentes productions du Crabe Fantôme :
Manmuswak, qui tourne encore dans de nombreux festivals est maintenant visible sur Dailymotion, posté par Olive et Patrick, ses réalisateurs. Alors, bon visionnage.
Et Alors, de Christophe Le Masne, a été sélectionné par Les Lutins 2009, prestigieuse entreprise de promotion et diffusion du court métrage auprès du Grand Public.
Le Crabe Fantôme n'est donc pas peu fier de la carrière de ces deux oeuvres...
Le Crabe Fantôme est ravi de vous présenter le DVD des courts de Christophe Le Masne, contenant "Et Alors" que nous avons co-produit avec Tobina Film. Ci-dessous un petit mot de Christophe :
"J'ai le très grand plaisir de vous apprendre qu'un DVD réunissant mes 3 courts-métrages (Les Inévitables, Naturellement, Et alors) est sorti à la vente ! Il comprend également de nombreux "bonus" que je ne vous détaille pas ici pour vous laisser la surprise. Bref, il contient un peu tout ce que j'ai fait ! Il est censé être disponible à la FNAC ou chez VIRGIN à partir de la mi-Mars, mais vu le peu de promotion dont il va disposer, il n'est pas certain qu'il soit si accessible dans ces magasins, sinon au compte-gouttes. Par contre, vous pouvez déjà vous le procurer directement chez l'éditeur sur le site de chaletfilms.com
Pour le prix de 15 euros, vous le recevez dans votre votre boîte aux lettres sous 48 ou 72 heures (c'est eux qui le disent !). J'ajoute que l'éditeur "Chalet Pointu" a une boutique (10, rue des Goncourt - Paris 10ème - Métro : Goncourt) où vous pouvez vous le procurer directement.
Je sais que certains d'entre vous ont apprécié ces films, alors ne vous privez surtout pas ! Faites des cadeaux, parlez-en autour de vous, il faut qu'on parle de ce DVD, le plus possible ! Je veux que mon éditeur soit heureux et ainsi, il ne sera pas le seul !
Merci de votre soutien, pour votre plaisir je l'espère !"
Dernière minute : vous pouvez aussi commander le dvd à la Fnac.
Plus un seul dvd ou cd dans les rayons de la FNAC ou de toute
autre boutique « culturelle » ? Seulement du téléchargement légal sur
des sites e-commerce ? C'est peut-être ce qui nous attend, à terme, dans une dizaine d'années.
La mort des dvd ? :
La
chute des ventes de dvd se poursuit. La guerre entre HD-DVD et Blu-Ray
devrait prendre fin très bientôt (en faveur du deuxième). Et même le
Blu-Ray pourrait mourir sous les coups (coûts) de la VOD et du
téléchargement, légal ou illégal, qui s'ouvre depuis peu à la HD.
Alors, quel est l'intérêt d'acheter un dvd, là où des abonnements
mensuels à des chaînes VOD permettront de voir et revoir nos films
préférés ?
Seulement un objet artistique ? Un contenu différent ? Des films rares ?
L'achat
de dvd se justifie évidemment si la galette contient du contenu
pertinent, disponible uniquement de cette manière. Les catalogues de
VOD sont pour l'instant moins riches que les catalogues alors que, par
définition, pour un éditeur, le coût de mise à disposition d'un film en
VOD est forcément beaucoup moins élevé que pour un dvd. Alors messieurs
les diffuseurs et les éditeurs, un peu de courage !
L'achat
de dvd se justifie aussi dans le cas où celui-ci devient un objet
d'art, où fond et forme se mêle. C'est le cas de Silent Room, du duo Skoltz Kolgen, superbe objet envoûtant, disponible chez Optical Sound.
La mort de la pellicule ?
Combien
reste-t-il de temps à la pellicule dans les salles obscures, avant
d'être remplacé par le numérique ? Que va-t-on y gagner ? Une plus
grande diffusion des « petits » films ? Des avancées technologiques (3D
par exemple) ? Une baisse des tarifs ?
Les nouvelles formes de télévision :
Internet sur la télévision, c'est pour maintenant. Ex : l'Apple TV,
qui permet d'avoir accès à des sites internet via des interfaces
adaptées à la télévision. Très bientôt, nous aurons certainement accès,
d'un seul clic et systématiquement, aux programmes en numérique (dont
HD) des chaînes, mais aussi à la Catch Up TV (tous les programmes
jusqu'à 7 jours après leur diffusion) et au catalogue VOD de la chaîne
(Canal Play ou TF1 vision par exemple).
Packaging numérique :
Si les contenus se dématérialisent, n'allons nous pas regretter les objets, le packaging ? Non,
si nous arrivons à proposer un packaging numérique à la hauteur : beau,
évolutif, intéressant, interactif et optimisé pour le référencement,
tel sont les qualités indispensables de ce boîtier virtuel. Quelle
forme aura ce packaging ? Site web, module Flash ? A suivre de près !
Les Promesses de l'Ombre / No Country For Old Men / Sweeney Todd
Quel est le point commun entre ces 3 films ?
Les derniers plans de ces 3 oeuvres plongent dans les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine et de nos sociétés modernes. Une ambiance de fin du monde, de désespoir plane sur ces trois moments. Les trois metteurs en scène, après nous avoir balladés durant tout leur film, semblent nous abandonner avec leurs personnages principaux.
Dans Sweeney Todd, Tim Burton préfère finir son film sur le couple mort, rongé par la folie et les regrets, au milieu du sang et des flammes, que sur le jeune couple, enfin réuni et ainsi, nous laisser sombrer lentement avec eux.
Dans No Country For Old Men, les frères Coen finissent leur film sur une sorte de rêve prémonitoire, annonçant la mort prochaine du personnage principal et, plus largement, le glissement de notre société dans une violence absurde et gratuite. Une scène simple mais qui hante longtemps le spectateur.
Dans Les Promesses de l'Ombre, David Cronenberg préfère terminer son film avec un lent travelling arrière sur le personnage de Viggo Mortensen, hiératique, prisonnier de sa fausse identité. Un plan silencieux, glacial, résumant à lui seul la contamination de la violence.
L'équipe du cabinet de curiosité vous souhaite une excellente journée, pleine de vie, de rires, pleine d'écoute, d'accomplissements, de partage, d'amour, de santé.
Nous vous souhaitons de ne pas oublier que chaque jour peut être semblable à celui-ci, tout simplement.
C'est une sorte de code barre qui ressemble à l'image qui illustre cette news. Ce code barre ne donne pas un prix mais donne des informations web : emails, lien vers un site, vers une vidéo en ligne, etc.
Deuxième point : Comment ça marche ?
Si
vous possédez un téléphone portable relativement récent, avec appareil
photo et connecté à Internet, il vous suffit de scanner (photographier
quoi) le tag, vous pourrez alors directement accéder à du contenu
spécifique.
Troisième point : Ok mais ça sert à quoi ?
Ca ouvre simplement des possibilités inédites en terme de marketing et en terme de création artistique.
Imaginez : une
série de films courts diffusés géographiquement, accessibles uniquement
depuis l'Internet Mobile. Un jeu de piste dans la ville. Finis les
horaires de diffusion, place aux lieux de diffusion : 10 épisodes via
10 mobiles tags répartis dans Nantes.
"Manmuswak", court-métrage co-produit par le Crabe Fantôme est à l'affiche et sur l'affiche du festival d'arts visuels "Frontière(s)" qui se tiendra du 22 novembre au 9 décembre à Saint Brieuc.
Renfield, projet de court métrage d'animation est sur les rails. Le scénario de Jérôme Fihey, inspiré du Dracula de Bram Stoker, sera réalisé par Karim Douis, aidé dans sa tâche par deux spécialistes nantais de la 3D et de la post-production : Etienne Brechet et Olivier Gautret.
Le Crabe Fantôme, en tant que
réalisateur et producteur, s'intéresse à la place et la qualité du contenu dans tout ce
contenant.
Je suis
d'accord sur le fait que les User Generated Content (You Tube like) et plus largement Internet
permettent de faire connaître des talents, tant mieux, mais je pense qu'il y a
peut être trop d'auteurs et pas assez de producteurs.
Bref,
j'aimerai que ce bouillonnement mène à une plus-value qualitative du contenu,
en même temps que le quantitatif.
Concernant
la qualité des programmes, je n'opposerai pas les choses de façon caricaturale :
ex : TF1 contre Arte, Films Indépendants contre Films de Studio puisque la
qualité peut se trouver partout je pense (ex : c'est TF1 vidéo qui édite
« enfin » la première saison de Twin Peaks en DVD.).
Ma
problématique serait plutôt de savoir comment aller vers une plus-value artistique au
moment où la production des contenus n'est plus l'apanage des producteurs
classiques ?
Je me
demande également comment la diversification des moyens de diffusion va
influencer, et influence déjà, l'écriture cinématographique (et audiovisuelle,
et multimédia). C'est un territoire d'expérimentation qui promet de belles choses.
"Et Alors" de Christophe Le Masne, le dernier film co-produit par
Cyanéa et Tobina films reçoit le prix Canal + au festival international
du court-métrage de Clermont Ferrand. Voilà, nous, on est content !
Darren Aronovski base toujours sa mise en scène sur le motif et sa répétition.
Il
passe de répétitions entre 4 personnages dans "Requiem For A Dream" a
des répétitions entre trois époques dans "The Fountain".
Ces
répétitions deviennent comme des motifs (voir les gros plans sur la
nuque de l'actrice). Les motifs sont aussi présents dans la mise en
scène : La confrontation d'un univers quasiment monochrome et de
lumières jaunes, les trames sur les murs de l'ascenceur, les
persiennes, la neige fondue, la lumière de l'étoile mourrante, les gros
plans de microscope, etc.
Pendant la majorité du film, ces
motifs, ces répétitions sont vécus comme une prison par le personnage
principal puisqu'ils font échos à la mort de sa femme, à la mort de
l'Arbre ou au déclin de l'Espagne (voir toute la scène où la Reine
reste derrière les arabesques de son trône, comme derrière les barreaux
d'une prison).
La fin du film aboutit à l'acceptation de ses
motifs, de cet ordre du monde par le personnage joué par Hugh Jackman.
La mort ne devient qu'une étape, qu'un passage.
La mort est une illumination comme le déclare le prêtre Maya.
Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.
Cyanéa essuie les plâtres avec la co-production du court métrage "Et
Alors?!" produit par Tobina Film et co-produit aussi avec le groupement
artistique Alice et le déjà célèbre Denis Rochard (il se reconnaitra).
Delphine Bretesché est non seulement une grande
artiste nantaise, nationale, mondiale et interplanétaire mais également
une blogueuse invétérée. Incapables d'expliquer (ou alors en inventant
de nouveaux mots) ce que cette chère Delphine fait et à quoi ressemble
sa démarche artistique, nous vous invitons donc à visiter son blog.
En
attendant, pour faire des jaloux, voici la dédicace personnelle pour
Cyanéa de Delphine sur son livre "le grand amour n'existe pas" aux
éditions Joca Seria.
Le film de Cronenberg est d'une simplicité froide. Froide mais belle. Il débute et se clôt dans le silence, de façon anonyme.
Le générique de début est presque invisible et celui de fin est comme
détaché du film par un long plan noir. Pas grand-chose à quoi se
raccrocher. Ces choix sont déconcertants, même pour les habitués de
Cronenberg.
Le
reste du film est d'une linéarité troublante et d'un classicisme
cinématographique de façade. Linéaire et classique seulement en
apparence donc car tout gronde en dessous. En effet, le cinéaste
fait s'entrechoquer deux narrations, deux cinématographies,
représentées par les deux facettes du héros : Tom Stall et Joey Cusack.
Tom Stall est du côté de l'American Dream, avec sa famille modèle, dans
une petite ville modèle. Sa vie est mise en scène par des clichés,
comme dans cette première scène de sexe avec sa femme ou ils « jouent »
aux adolescents. L'American Way Of Life permet de rester dans les rails
d'une vie tranquille. Joey Cusack est du côté du film noir. Tous
les personnages de gangsters rencontrés sont traités de manière très
graphique (le film est tiré d'un comics à la base). Ces personnages,
leurs vêtements, leurs voitures, leurs paroles sont comme décalés de la
réalité, tirés de la fiction.
Le
début du film, montrant les deux premiers gangsters, m'a terriblement
fait penser au roman que je suis en train de lire : « De Sang Froid »
de Truman Capote, portrait glacial mais très humain de deux tueurs dans
l'Amérique profonde.
Cronenberg
parle une fois de plus de contamination, dans le sens d'une circulation
des images et de la violence. La violence comme un séisme intervenant à
trois reprises dans le film, le faisant trembler sur les rails de sa
linéarité. Les ondes de choc de la violence se répercutent sur les
personnages adjacents. Le fils du héros prend lui aussi les armes ou se
bat violemment avec des camarades de lycée. Cronenberg nous dit
que, en Amérique, la violence est héréditaire, qu'elle est le fondement
même de la société, que derrière chaque américain se cache un tueur
potentiel. Il montre aussi que cette violence est intégrée par le
mensonge ou l'acceptation silencieuse, comme le héros, réintégré dans
la cellule familiale à la fin du film. Faux « happy end » très
dérangeant. Comme dans « Délivrance » de John Boorman, le shérif
explique au(x) héro(s) que sa ville est « une petite ville tranquille »
et qu'il ne veut surtout pas de vagues, que l'American Way of Life doit
tracer sa route coûte que coûte. Dans « A History of Violence », il
suffit d'un mensonge pour que tout soit oublié. Néanmoins dans
« Délivrance », la petite ville tranquille allait être recouverte par
les eaux et ne rester qu'un fantôme. C'est aussi ce fantôme là,
silencieux, que Cronenberg semble nous montrer.
Il
est aussi question de chair bien sûr dans ce film. Les deux scènes de
sexe sont explicites dans ce sens. Elles concernent toutes les deux le
couple principal mais chacune avec une facette du héros. La
première est donc une mise en scène, préparée, un fantasme adolescent
assouvi, avec la femme déguisée en pom pom girl. La scène finit de
façon très fusionnelle. La deuxième survient de façon très brutale,
comme les scènes de violence. Cronenberg montre les blessures résultant
de ce coït brutal dans un escalier : une plaie sur le dos de la femme.
La violence se répercute jusque là, destructrice mais aussi moteur de
fantasme et de fascination. Elle n'est pas jugée mais montrée comme
faisant partie intégrante de nos vies, comme le couvert rajouté à la
table familiale par la petite fille, durant la superbe scène
silencieuse qui referme le film.
De bonnes nouvelles de MANMUSWAK qui fait son bout de chemin sur les écrans :
Après le festival de Locarno en Suisse et celui de Gindou dans le sud ouest de la France cet été,
il a été projeté récemment à la première édition du festival politique de Barcelone (http://www.cinemapolitic.com/) qui avait lieu du 28 sept. au 2 oct.
Prochaines projections :
le 7 nov. : "RDV avec le GREC", Centre Pompidou, Paris. le programme ici
à partir du 9 nov. : "Invidéo", Mostra internazionale di video e cinema oltre, Milan. http://www.mostrainvideo.com
Les membres de Cyanéa sont rentrés dans le bureau de
l'association Alice en cette rentrée 2005, officialisant une relation
de quelques mois.
Fondée en 1998 autour d'une compagnie de théâtre (le théâtre d'Alice), l'association Alice développe depuis 2002 un laboratoire (les films d'Alice)
qui expérimente les connexions entre spectacle vivant et images à
travers différents projets (installations, déambulations, concerts et
pièces).
Le
but de cette union est de mettre en commun des compétences et du
matériel professionnels, de travailler en étroite collaboration sur des
projets ambitieux, au carrefour du cinéma, de la vidéo, du théâtre et
de l'art contemporain. Le challenge est aussi de tracer un chemin entre
communication et art, entre projets personnels et commandes.
Les premiers projets en commun sont:
- l'acquisition du Médialon, machine infernale permettant de faire de la multi-diffusion en direct, à base de flux MPEG2.
- l'écriture de "Messes Basses", adaptation en vidéo de la pièce du même nom.
- la déclinaison du projet "Ca tourne près de chez vous" dont nous reparlerons bientôt.
Mail d'Olive Martin, co-réalisatrice de Manmuswak, datant du 7 août 2005 :
Bonjour à toutes et tous,
Un petit mot de Montréal pour vous dire que Manmuswak sera projeté au
festival de Gindou le dimanche 21 août à 19h30 et le samedi 27 à 13h au
cinéma le Louxor. Il a été projeté hier et aujourd'hui à Locarno et le sera à Milan dans le festival InVideo du 9 au 15 Novembre. En espérant que certains d'entre vous auront la possibilité de le suivre là où nous ne le pouvons pas.
Tentacules, pied ou pinces, le Cabinet de Curiosité vous donne un coup de main !
Les amis du Crabe
Ce sont des partenaires, des amis, nos univers se croisent, que ce soit autour de "Virus Cannibale" de Bruno Mattei
ou de "l'Atalante" de Jean Vigo. Bref, on en pince pour eux !